Et si vouloir sauver ton équipe la rendait moins performante ?
Il est 16 h 55, un vendredi
Ton téléphone sonne.
C’est ton plus gros client.
Il est furieux à cause d’une erreur dans la livraison de ce matin.
Il menace de rompre le contrat si ce n’est pas réglé avant lundi.
Pendant ce temps, tu entends les bruits de chaises qui reculent dans le bureau.
Ton équipe commence à fermer les ordinateurs.
Ils parlent de leurs projets de fin de semaine.
Ils ont l’air légers.
Tu as un choix à faire.
Tu pourrais les réunir, leur expliquer la crise et demander de l’aide pour corriger le tir ce soir.
Mais tu te dis qu’ils ont eu une grosse semaine.
Tu te dis que c’est ton rôle de gérer les crises.
Alors tu raccroches, tu forces un sourire et tu leur lances :
Bon week-end tout le monde, reposez-vous bien.
Ils partent, le cœur léger.
Toi, tu annules ton souper et tu restes au bureau jusqu’à 21 h pour nettoyer les dégâts.
Tu te dis que tu as été un bon leader.
Tu te dis que tu as protégé ton équipe.
Tu te trompes.
Ce que tu viens de faire, ce n’est pas du leadership
C’est le début de la fin pour la performance de ton équipe.
C’est probablement le conseil le plus dangereux et le plus répandu qu’on donne aux gestionnaires bienveillants.
Prends les coups pour ton équipe.
Absorbe la pression qui vient d’en haut.
Filtre le chaos ambiant.
Sois le bouclier.
Ça part d’une intention noble.
Tu te dis que ton rôle est de créer une bulle de sérénité.
Tu te dis que si tu protèges tes employés des politiques internes, des coupures budgétaires et des clients furieux, ils pourront se concentrer sur leur travail.
Tu veux être le bon patron.
Celui qui prend la chaleur pour que les autres restent au frais.
Mais voici la vérité brutale que personne n’ose te dire.
Quand tu fais le bouclier, tu ne les sauves pas.
Tu les affaiblis.
Pire encore, tu deviens le principal frein à la performance de ta propre équipe.
Tu deviens le goulot d’étranglement qui ralentit tout le système.
Et pendant ce temps, tu t’épuises à porter un poids qui devrait être partagé.
Nous allons déconstruire ce mythe tenace
Nous allons voir pourquoi ce réflexe de protection est un piège mathématique, psychologique et stratégique.
Et surtout, nous allons voir comment passer d’un rôle de bouclier à un rôle de filtre pour bâtir une véritable équipe de feu.
L’illusion de la bienveillance
Pourquoi agit-on comme des boucliers ?
Parce qu’on pense que c’est ça, le leadership.
On pense que protéger son monde est une preuve de force.
Mais il faut revenir à un principe fondamental chez Taago.
100 % des intentions sont bonnes.
Ton intention est bonne.
Tu veux éviter du stress à ton équipe.
Tu veux qu’ils soient heureux.
Mais l’impact de cette intention est toxique.
En voulant leur éviter le stress, tu leur évites aussi la réalité.
Et on ne peut pas performer dans un monde qu’on ne comprend pas.
Le leadership, ce n’est pas de cacher la poussière sous le tapis pour que la maison ait l’air propre.
Le leadership, c’est de montrer la poussière et de donner les balais pour qu’on nettoie ensemble.
Le problème mathématique de la capacité

Regardons cela froidement, sous l’angle de l’efficience.
Tu es une seule personne.
Ton équipe compte peut-être cinq, dix ou vingt personnes.
Si toute la pression, toute l’information et toutes les décisions complexes doivent passer par toi avant d’arriver à eux, tu as un problème de bande passante.
Tu ne peux pas physiquement et mentalement traiter autant d’informations aussi vite que le marché l’exige.
Quand tu te mets en position de bouclier, tu arrêtes le flux.
Les décisions s’empilent sur ton bureau.
Les courriels s’accumulent.
Ton équipe attend après toi pour avancer.
Tu deviens ce que nous appelons le goulot d’étranglement.
Tu penses les aider en filtrant, mais en réalité, tu les ralentis.
Une équipe performante est une équipe qui a du débit.
C’est une équipe où l’information circule vite et où l’action est fluide.
En voulant les protéger, tu crées de la friction.
Et la friction tue la performance.
Tu leur voles la compréhension de la réalité
Imagine que tu es le capitaine d’un navire.
Une tempête approche.
Tu vois les vagues grossir.
Tu vois le baromètre chuter.
Mais tu décides de ne rien dire à l’équipage pour ne pas les inquiéter.
Ils ne seront pas prêts.
Ils n’auront pas arrimé le matériel.
Ils vont paniquer.
C’est exactement ce que tu fais quand tu filtres toutes les mauvaises nouvelles de l’entreprise.
Si tu caches les contraintes budgétaires, ton équipe va continuer à dépenser comme si l’argent était illimité.
Si tu caches l’insatisfaction d’un client stratégique, ton équipe va continuer à livrer la même qualité moyenne sans se remettre en question.
Ce n’est pas juste une opinion, c’est prouvé par le modèle Job Demands Resources de Bakker et Demerouti.
Pour performer, un employé a besoin de deux choses : des exigences, le challenge, et des ressources.
L’information stratégique, c’est une ressource.
Quand tu la gardes pour toi, tu les prives littéralement de l’outil nécessaire pour faire face aux exigences du travail.
Tu leur demandes de courir un marathon en leur coupant l’accès à l’eau.
Comment peuvent-ils prendre des décisions intelligentes s’ils n’ont pas les vraies données ?
Ils ne peuvent pas.
Ils restent des exécutants aveugles parce que tu leur caches le contexte nécessaire pour devenir des partenaires stratégiques.
Tu tues l’innovation par le confort

La créativité naît de la contrainte.
L’innovation naît de la nécessité.
Quand tout va bien, on ne change rien.
On reste dans nos pantoufles.
On suit les procédures.
Le cerveau humain est paresseux par défaut.
S’il a accès à des ressources illimitées en temps, budget ou confort, il utilise les chemins neuronaux qu’il connaît déjà.
Il ne cherche pas.
C’est seulement quand il frappe un mur, une contrainte réelle, qu’il est forcé de créer un nouveau chemin.
En cachant la contrainte budgétaire, tu empêches littéralement le cerveau de tes employés de passer en mode innovation.
En les protégeant du problème, tu les prives de la fierté d’avoir trouvé la solution.
Tu les prives de ce sentiment d’accomplissement qui est le carburant d’une équipe de feu.
Tu crées une dépendance toxique
Si tu es le seul à pouvoir encaisser les chocs, tu deviens le point de défaillance unique.
Le jour où tu es malade, en vacances ou simplement épuisé, l’équipe s’effondre.
Parce qu’ils n’ont pas développé les muscles pour porter la charge.
C’est comme si tu allais au gym à leur place.
Tu lèves les poids lourds.
Tu sues.
Tu deviens fort.
Et eux te regardent.
Ils restent faibles.
Selon la Théorie de l’Autodétermination de Deci et Ryan, la motivation humaine repose sur trois piliers : l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale.
Quand tu fais le bouclier, tu attaques directement le pilier de la compétence.
Tu envoies le signal implicite que tu ne crois pas qu’ils soient capables de gérer cette mauvaise nouvelle.
De Bouclier à Filtre : la nouvelle posture
Il ne s’agit pas de passer d’un extrême à l’autre.
Il s’agit de passer d’un rôle de Bouclier qui bloque tout à un rôle de Filtre qui laisse passer ce qui est nécessaire pour agir.
Le bouclier arrête les coups.
Le filtre nettoie l’eau mais la laisse couler.
Ton rôle est de donner le contexte et les outils pour affronter la réalité.
Comment opérer la transition
Partage le pourquoi difficile
Arrête d’édulcorer les messages de la direction.
Utilise des mots choisis mais vrais.
Expose le client réel
Fais-leur entendre le feedback brut, avec respect.
Responsabilise sur le résultat, pas la tâche
Pose le problème, ne donne pas seulement la tâche.
La transparence crée la confiance
Une mauvaise nouvelle claire est moins anxiogène qu’un silence flou.
Gérer la transition : accepter l’inconfort
Ton équipe a été habituée au confort.
Ils vont peut-être chialer.
C’est normal.
Ton rôle n’est pas de retirer le stress, mais de les aider à le gérer.
Tu veux sortir du rôle de sauveur ?
Si tu te reconnais dans le gestionnaire bouclier et que tu sens l’épuisement arriver, il est temps de changer de méthode.
Ton équipe a du potentiel.
Elle est endormie par ta surprotection.
Il est temps de la réveiller.
Chez Taago, nous aidons les gestionnaires à faire cette transition difficile mais nécessaire.
Planifie ta session stratégique de 30 minutes.
On va identifier où tu en fais trop et comment redonner le pouvoir à ton équipe dès la semaine prochaine.
Ne reste pas seul avec ce poids.
Partage-le.
C’est ça, le vrai leadership.
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À bientôt,
L’équipe Taago
Blogue
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