Ton équipe ne se chicane pas à cause de l’IA. Elle se chicane à cause du flou.

20 octobre 2026

Mardi, 10 h 15.

Réunion de suivi. Le café est déjà tiède.

Marie-Ève partage son écran et présente la proposition pour le client. C’est propre. Bien structuré. Trois sections, des puces impeccables, une conclusion qui sonne bien.

Luc se penche vers l’écran. Il plisse les yeux.

« T’as fait ça avec ChatGPT ? »

Silence.

Marie-Ève rougit. Elle répond « Juste pour m’aider un peu », sur un ton plus défensif qu’elle le voudrait. Luc croise les bras. Le reste de l’équipe regarde ses notes.

Dix minutes plus tard, quelqu’un remarque qu’un chiffre de la proposition ne correspond à rien. Personne ne sait d’où il sort.

La réunion finit sans décision. Dans le corridor, deux clans viennent de naître.

Arrêtons le blabla deux secondes.

Le problème, ce n’est pas que Marie-Ève a utilisé l’IA. C’est que personne dans l’équipe ne savait si elle avait le droit.

L’IA ne crée pas les tensions. Elle les révèle.

Quand une chicane éclate autour de l’IA, on pense que c’est un débat sur la technologie. Ce l’est rarement.

L’IA touche à trois zones sensibles en même temps : le pouvoir, la compétence et la confiance.

  • Le pouvoir. Celle qui l’utilise va plus vite. Les autres ont l’impression qu’elle contourne les règles.
  • La compétence. Celui qui ne l’utilise pas se demande si son expertise vaut encore quelque chose.
  • La confiance. Quand il y a une erreur, tout le monde cherche qui est responsable. Et personne ne le sait.

L’IA agit comme un révélateur. Elle met en pleine lumière ce qui traînait déjà : des rôles flous, des réunions qui ne décident rien, une culture de la vitesse qui passe avant la qualité.

Si ton équipe se divise sur l’IA, c’est qu’elle était déjà fragile à cet endroit-là.

Tout le monde l’utilise. Tout le monde pense être le seul.

La psychologie sociale a un nom pour ce qui se passe dans bien des bureaux en ce moment : l’ignorance pluraliste. Chacun pense une chose en privé, mais croit que les autres pensent le contraire. Alors tout le monde se tait.

Appliqué à l’IA, ça donne ceci. Chacun l’utilise un peu, dans son coin. Chacun se dit que les collègues vont le juger. Personne n’en parle. Et le jour où ça sort, comme dans la réunion de mardi, ça sort de travers.

Dans le vide, les gens remplissent les trous avec leurs propres hypothèses. « Elle triche. » « Il est dépassé. » « Le boss veut nous remplacer. » Rarement des hypothèses gentilles.

Le silence n’est pas neutre. C’est lui qui fabrique le conflit.

Les quatre sources de chicane les plus fréquentes

Le flou sur ce qui est permis. Un courriel ? Un résumé de rencontre ? Une proposition client ? Si personne ne l’a dit clairement, chacun improvise. Et chacun juge l’improvisation des autres.

Le sentiment d’injustice. Certains ont de meilleurs outils, plus de formation, plus de temps pour essayer. Les autres se sentent laissés derrière.

La peur de perdre sa valeur. Quand quelqu’un a peur que son travail devienne banal, il ne le dit pas comme ça. Il devient méfiant, sarcastique, ou il bloque.

La capitulation intellectuelle. Copier, coller, envoyer. Sans relire, sans réfléchir. C’est ça qui fait le plus grincer des dents, parce que ce sont les collègues qui ramassent les erreurs. J’en parlais dans La capitulation intellectuelle : contrer l’effet d’ancre.

Pose les règles avant que ça brasse

L’IA, ce n’est pas un sujet technique. C’est un sujet de gestion. Donc ça prend un cadre. Court, clair, assumé.

Commence par une pause de clarté. Dix minutes, sans écran, avec ton équipe. Trois questions :

  • C’est quoi, le vrai problème qu’on essaie de régler ?
  • Qu’est-ce qu’on attend comme résultat ?
  • Qui reste responsable du livrable final ?

Ensuite, quelques règles non négociables :

  • Premier jet humain. Les 30 premières minutes d’une réflexion importante, c’est ta tête qui travaille. L’IA peut aider après, pas avant.
  • Toute sortie d’IA est relue par une personne. Celle qui signe le livrable.
  • Deuxième opinion humaine pour tout ce qui est sensible : client, finances, ressources humaines.

Ce n’est pas compliqué. C’est justement pour ça que ça marche. Les gens savent où finit l’aide et où commence la responsabilité.

Avec cette règle-là, la réunion de mardi se serait passée autrement. Marie-Ève aurait dit : « J’ai fait le premier jet, l’IA m’a aidée à structurer, et j’ai vérifié les chiffres. » Ou elle aurait vu le chiffre bizarre avant tout le monde.

Parles-en franchement, sinon d’autres vont le faire à ta place

Le ton de la direction compte énormément.

Si tu présentes l’IA comme une solution magique, ton équipe entend autre chose. Elle entend accélération, pression, surveillance.

Le bon réflexe, c’est de nommer les craintes au lieu de les contourner. Oui, ça peut faire peur. Oui, ça fait des erreurs. Oui, ça peut aussi enlever du travail plate et répétitif.

Cette honnêteté-là calme le jeu. Mais elle tient seulement si les gens peuvent dire « je l’ai utilisée » ou « je ne suis pas à l’aise » sans se faire planter. C’est la base de tout, comme je l’expliquais dans La sécurité psychologique, le socle de l’équipe de feu.

Ton rôle : protéger le jugement

Un gestionnaire intelligence artificielle, ce n’est pas celui qui connaît tous les outils. C’est celui qui protège le jugement de son équipe.

Il ne demande pas « est-ce que l’outil a produit quelque chose ? ». Il demande « est-ce que ça fait du sens ? ». Pour ce client-là. Dans ce contexte-là. Avec les engagements qu’on a pris.

L’IA produit du texte. Elle ne comprend pas tes tensions internes, l’historique avec ton client, ni ce qui ne se dit pas en réunion. Ça, c’est ton travail de sensemaking.

Quelques réflexes simples :

  • Exige une recommandation, pas dix options.
  • Demande toujours « pourquoi ? ».
  • Félicite publiquement la personne qui repère une erreur avant qu’elle parte chez le client.

Pour aller plus loin, j’en parle dans L’IA tue-t-elle le gros bon sens de votre équipe ?.

Quand la chicane est déjà pognée

Ne lance surtout pas un grand débat philosophique sur l’IA. Reviens au concret.

Quel geste a créé le malaise ? Quel livrable est parti sans validation ? Qui a perdu confiance, et pourquoi ?

Ensuite, fais une revue croisée. Une personne explique comment elle a utilisé l’IA. Une autre joue l’avocat du diable. Une troisième regarde l’impact sur la qualité, les délais et la relation d’équipe.

Pas pour trouver un coupable. Pour que le même irritant ne revienne pas mardi prochain.

Par où commencer cette semaine

Pas besoin d’un grand projet de transformation.

Prends ta prochaine réunion d’équipe. Pose trois questions : où l’IA nous aide vraiment, où elle nous fait perdre du temps, et quelles règles on adopte dès maintenant.

Puis écris un protocole d’une page. Qui peut l’utiliser. Pour quoi faire. Qui valide. Quand on demande une deuxième opinion humaine. Quoi faire en cas de doute.

Plus c’est simple, plus ça tient.

Conclusion : l’IA n’est pas un arbitre

L’IA n’est pas un chef. Ce n’est pas un juge. Ce n’est pas un remplaçant du jugement.

C’est un outil. Et un outil dans une équipe floue, ça amplifie le flou.

Les équipes qui s’en sortent ne sont pas celles qui utilisent le plus d’IA. Ce sont celles qui savent qui décide, qui vérifie et qui porte le résultat. Une équipe de feu ne se chicane pas sur l’outil. Elle s’entend sur qui tient parole.

👉 Tu sens que l’IA crée des clans dans ton équipe, mais personne n’ose en parler ? Prends 30 minutes avec moi pour bâtir un protocole simple qui ramène la clarté avant que la confiance s’effrite.

À bientôt,

Jean Côté de chez Taago

FAQ

Faut-il interdire l’IA au bureau pour éviter les conflits ?

Non. Une interdiction totale pousse l’usage dans l’ombre et crée encore plus de flou. Mieux vaut définir clairement les usages permis, les usages interdits et les règles de validation humaine.

Pourquoi l’IA crée-t-elle des tensions dans une équipe ?

Parce qu’elle touche au pouvoir, à la compétence et à la confiance. Quand personne ne sait ce qui est permis ni qui est responsable d’une erreur, chacun interprète les gestes des autres, souvent négativement.

Comment réagir si un employé cache qu’il utilise l’IA ?

Cherche d’abord pourquoi il le cache. C’est souvent la peur du jugement ou l’absence de règles. Ramène la discussion sur la qualité, la transparence et la responsabilité du livrable, pas sur l’outil.

Qu’est-ce que la règle du premier jet humain ?

C’est le principe de réfléchir soi-même pendant les 30 premières minutes d’une tâche importante avant d’utiliser l’IA. Ça protège le jugement et évite que l’outil fixe le cadre de la réflexion à ta place.

Comment un gestionnaire peut-il montrer l’exemple ?

En disant ouvertement quand il utilise l’IA et comment, en vérifiant ses propres sorties, en demandant une deuxième opinion humaine sur les sujets sensibles et en valorisant le scepticisme constructif plutôt que la vitesse.

Et si on en discutait?

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Témoignages

Jette un coup d'œil à ce qu’on dit sur Taago!

K Riel - Vice-président
Je voulais juste te faire part d’un petit quelque chose qui, je crois, te fera sourire. En très peu de temps, j’ai eu quelques interactions avec des gens qui veulent faire mieux. Pour te donner un exemple, hier je parlais à un entrepreneur qui paie 28000 $ par année, sur 2 ans, pour implémenter le framework EOS. Et je lis aussi également un livre nommé  » l’année à 12 semaines ».
 
Ce dont je me rends compte, c’est à quel point ces différentes méthodologies ont tous des points en commun, et qu’ils sont tous. Incorporés à ta façon dans la consultation que tu fais auprès de moi, et dans ta méthodologie.
 
Entre le livre et les deux discussions que j’ai eu en 3 jours, ça fait ressortir encore plus la valeur que tu vas apporter jusqu’à présent.
 
Jean-Pierre Vaillancourt , Président – Korsr studio

J’ai fait appel aux services de Jean dans le but d’amener notre équipe de développement à modifier sa méthode travail pour adopter une philosophie agile. Rapidement il a su comprendre nos besoins et a réellement ciblé ses interventions pour atteindre nos critères de succès. Il sait adapter la recette en fonction de la réalité l’entreprise et des individus en place. Vous cherchez un formateur efficace qui a à cœur l’atteinte de vos objectifs? Jean est votre homme. Merci beaucoup!

S Labbé, Directeur principal des opérations

Si vous cherchez un coach, Jean est la bonne personne ! J’ai eu la chance qu’il m’accompagne pendant 8 mois, et il m’a beaucoup aidé à mieux me connaitre autant professionnellement que personnellement, pour pouvoir ensuite aller plus loin. Il a cette capacité de poser les bonnes questions au bon moment, qui font de lui un excellent coach. Attention, si vous aimez rester dans vos pantoufles, gare à vous. Jean vous fera enfiler vos bottes de randonnée pour un trek dont vous vous souviendrez !

P-A Laine, Scrum master

Jean a travaillé chez nous dans deux mandats différents : Coach agile pour équipes de développement et coach comportemental pour mon service. Dans les deux mandats, son savoir-faire et son approche directe et orientée à la livraison de la valeur ont fait toute une différence. Jean a su s’adapter à notre réalité pour nous sortir de notre zone de confort et nous aider à nous questionner dans nos itérations quotidiennes. Si vous cherchez quelqu’un qui est capable de vous challenger et dire les vraies affaires, pour vous amener ailleurs, lui est la bonne personne.

R Barroso, chef de service

« Quelle expérience enrichissante!

J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec Cloé et tout de suite, elle a su me guider et me pister.  Une relation de confiance s’est mise en place pour pouvoir réellement échanger et aller plus loin dans mes besoins! Revenir à la base de nos concepts de gestion et faire confiance à son instinct! Des outils à mettre en place dès le lendemain! Merci! »

J’ai mis en application:

– Dans les discussions/négociations, dire les intentions : trouver une solution ensemble, gagnant/gagnant… et cela a ramené un ton plus neutre.

Je les mêmes partager dans une formation sur l’influence

– aussi de faire confiance à mon instinct! Ça m’a fait du bien!

Catherine Forget

Nous avons aimé votre dynamisme et votre énergie qui est motivante, votre capacité d’adaptation/ ouverture d’esprit, légèreté, adaptée à notre réalité. Votre capacité à nous amener plus loin et de nous sortir de notre zone de confort en fixant des objectifs TRÈS précis.

 

Nous maintenons nos techniques de travail en effectuant un 30 minutes TAAGO à chaque réunion d’équipe, chaque semaine.

 

Nous avons retravaillé notre tableau des chantiers et sous-chantiers afin de le mettre à notre main. Nous continuons la saveur du mois.

 

Ce que nous retenons principalement : Chaque petit pas compte et nous permet de voir que nous avançons.

 

De toute l’équipe du SSMO l’Élan

 Service d’aide à l’emploi pour les personnes vivant avec des limitations fonctionnelles

SSMO l'Élan

Jean a accompagné notre équipe dans une phase très importante de son développement à savoir la définition des mandats et des méthodes de travail. Malgré la complexité apparente causée par la singularité de chaque sous équipe, son approche personnalisée a permis d’outiller chaque groupe de façon à optimiser son travail et fluidifier les processus existant. L’accompagnement offert par Jean a permis de générer de véritables reflexes au sein de l’équipe en terme de priorisation et d’auto-organisation. Le gain de maturité de notre équipe est visible et nous sommes confiants quant à notre capacité de poursuivre cette progression de façon autonome après le départ de Jean.

B Monfort, gestionnaire de projets

Jean, de par sa grande expérience et sa capacité à comprendre l’humain est un être exceptionnel. Que ce soit pour redresser une équipe, trouver des solutions à des problèmes organisationnels complexes, pour conseiller, enseigner, coacher, il a un coffre d’outils bien rempli! Ne prenant pas de gants blancs, il reste authentique et sait attaquer les défis de front. Il propose une approche directe pour responsabiliser les membres d’une équipe et les rendre imputables de leurs actions. J’ai énormément évolué et appris sur moi-même grâce à ses enseignements.

G Neveu, Directeur des technologies

Mon équipe de supervision a travaillé avec acharnement pour devenir une équipe de feu!🔥

Je suis fier de dire que grâce à l’accompagnement de Taago, nous avons réussi à briser les silos et à travailler de manière plus unie et efficace. Ce fut un véritable plaisir de partager cette initiative avec les travailleurs de l’usine. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais nous sommes beaucoup plus conscients de notre approche les uns envers les autres, et c’est déjà un grand pas en avant. En espérant que notre énergie collective se transfère et continue d’inspirer chacun au quotidien.

Michel Gibert-Cardin, Responsable des Opérations chez Bimbo Canada

Notre nouvelle équipe opérationnelle souffrait énormément du manque d’alignement entre chaque membre.  Ce dysfonctionnement provoque une surconsommation des ressources disponibles, en plus d’une forte concentration de frustration au sein de l’équipe.  L’équipe à participer à la démarche Taago et jouit maintenant d’un environnement de travail sain et productif.

J Gagnon - Grupo Bimbo Viau
J’ai eu l’opportunité de bénéficier du coaching Taago et je tiens à souligner la grande qualité de cette expérience. L’approche est résolument personnalisée, ce qui permet de cibler avec précision les enjeux propres à notre réalité professionnelle et d’obtenir des solutions adaptées.
Le coach se distingue par son accessibilité et sa disponibilité. Son écoute active et sa présence constante facilitent les échanges et instaurent un climat de confiance propice au développement.
Surtout, le coaching Taago se démarque par des actions concrètes et applicables rapidement. Les outils et les recommandations proposés contribuent réellement à améliorer l’efficacité au travail, tout en renforçant la cohésion d’équipe de façon durable.
Je recommande fortement le coaching Taago à toute organisation ou gestionnaire souhaitant générer des résultats tangibles et développer un environnement de travail plus performant et collaboratif.
 
Geneviève L. , Superviseure qualité – Bimbo Canada

Des clients satisfaits

qui ont pris le virage Taago